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Le musée du paysan roumain: un antidote

paru dans la revue D’a, mars 2013

Florian Fouché

Introduction : Jean-Paul Robert

 

Le régime communiste roumain s'était doté d'un musée consacré à sa propagande, en lieu et place du Musée national créé en 1906. À la révolution de 1989, les collections en ont été retrouvées pour y rouvrir un musée dédié au paysan roumain. À cet enjeu, éminemment politique, a répondu une création éminemment singulière, mise en œuvre et en scène par des artistes et des ethnologues. Ce « musée barricade » apporte de l'air et de l'espace aux mondes de l'art. Il tranche avec les musées où l'on doit « tout supporter : la rumeur qui entoure les objets au nom d'une pédagogie souvent populiste, les excès imposés par les lois de la conservation, la dérive de l'institution vers des procédés médiatiques, et l'indifférence avec laquelle on est traité », comme le dénonçait Irina Nicolau. C'est un autre artiste, Florian Fouché, qui le présente et l'analyse ici alors qu'il vient de lui consacrer un ensemble d'objets photographiques.

 

Horia Bernea et Irina Nicolau sont les principaux créateurs du musée du Paysan roumain. Sous leur impulsion, celui-ci est devenu, entre 1990 et 2000, un grand chantier collectif. Ils l'ont conçu comme un musée « à l'état perpétuellement naissant », un musée sans fin, où aucune salle n'a vocation à la permanence : tout y est susceptible d'être transformé, déplacé ou présenté autrement. Visiter ce musée aujourd'hui donne à voir les vestiges étranges et magnifiques d'une création commune. Une critique de la culture s'y incarne dans des formes ; seule façon, peut-être, de faire un art politique. (...)

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